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Gaby

Pour mettre un peu de soleil (14 mai 2013)

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LIVRES et Disques

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Louis-Ferdinand Céline à Sigmaringen. Novembre 1944 - Mars 1945.
Chronique d’un séjour controversé
De Christine Sautermeister – Editions Ecriture
374 pages-23 euros –ISBN 978-2-35906-095-0
 
 Que diable Céline est-il allé faire, en Allemagne, en novembre 1944, dans le trou à rats de Sigmaringen? Il s'en est expliqué plus tard, lors de la publication d'un de ses grands romans de la fin, D'un château l'autre : « Croyez-moi, ce n'est pas par vocation que je me suis retrouvé à Sigmaringen. Mais on voulait m'étriper à Paris parce que je représentais l'antijuif, le fasciste, le salaud, l'ordure, le prophète du mal. Donc je me suis retrouvé en compagnie de 1142 condamnés à mort, français, dans un petit bled allemand. Ça valait le coup d'oeil, croyez-moi. Une cellule de 1142 types qui crèvent de rage, cernés par la mort, on ne voit pas ça tous les jours. » Et une autre fois : « J'étais là-dedans par curiosité. La curiosité, ça coûte cher. Je suis devenu chroniqueur, chroniqueur tragique. »  
 Roman? Chronique? La question est tout de suite posée des rapports entre fiction et Histoire, surtout lorsqu'il s'agit d'un événement aussi important, peu connu, volontairement méconnu, blessure mal cicatrisée de la réalité française. D'où l'intérêt de ce livre et de cette enquête. Il y a eu des témoins, des écrits, des mémoires. Par exemple : « Il y avait de tout : depuis le gangster jusqu'au chef d'Etat. Il y avait des gens qui étaient là véritablement on ne sait pourquoi : parce qu'ils étaient mal avec leur concierge et qu'ils avaient eu peur d'une dénonciation. Il y en avait d'autres qui espéraient encore jouer une partie gigantesque qui leur permettrait de satisfaire des appétits que Vichy avait déçus. » Voilà de la prose normale, alors que, si vous ouvrez Céline, vous êtes brutalement réveillé par des explosions continues, des raids d'aviation de la Royal Air Force (« forteresses », « mosquitos »), qui, sans arrêt, viennent « concasser des décombres ». Vous êtes dans un « château fantastique, biscornu, trompe-l'œil » dont aucune photographie ne vous donnera l'idée, un « foutu berceau Hohenzollern » plein de portraits de tueurs d'autrefois, et vous aurez immédiatement la sensation d'être « coincé par le sort, pris dans l'étau ». Avec les Hohenzollern, les siècles défilent, « cent mille rapts, rapines, assassinats, divorces, diètes, conciles... » Avec les nazis locaux (déjà dans la débandade) et les collabos promis au peloton d'exécution, vous avez droit à des portraits d'autant plus acides que ces victimes affamées n'ont plus droit à aucune considération et sont, finalement, grotesques. L'Histoire raconte et juge, la fiction fait vivre et juge autrement, en pleine « moucharderie générale ».
 
Universitaire auteur d'un doctorat sur la réception de Céline en Allemagne et cotraductrice de Casse-pipe en allemand, Christine Sautermeister a publié de nombreux articles sur Céline, ainsi qu'un essai, Céline vociférant ou l'art de l'injure (Société d'études céliniennes 2002)
 
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La Cuisinière d’Himmler
de Franz-Olivier Giesbert – Editions Gallimard
380 pages – 2& euros – ISBN 978-2-07-014160-9
 
 Ceci est l'épopée drolatique d'une cuisinière qui n'a jamais eu peur de rien. Personnage loufoque et truculent, Rose a survécu aux abjections de cet affreux XXe siècle qu'elle a traversé sans rien perdre de sa sensualité ni de sa joie de vivre. Entre deux amours, elle a tout subi : le génocide arménien, les horreurs du nazisme, les délires du maoïsme. Mais, chaque fois, elle a ressuscité pour repartir de l'avant. Grinçant et picaresque, ce livre raconte les aventures extraordinaires d'une centenaire scandaleuse qui a un credo : "Si l'Enfer, c'est l'Histoire, le Paradis, c'est la vie".
 
Franz-Olivier Giesbert (parfois abrégé « FOG »), est un éditorialiste, biographe, présentateur de télévision et romancier français né le 18 janvier 1949 à Wilmington dans l'État du Delaware (États-Unis).
 
Chez le même éditeur
 
Matière première
de Raphaël Enthoven
160 pages – 14 euros – ISBN 978-2-07-013968-3
 
Comment élever la philosophie jusqu'aux objets du quotidien ? Comment parler du GPS, de la carte de fidélité, de l'iPhone, des capsules Nespresso, des affiches électorales, des zones fumeurs, de la 3D, de France Info, de la baguette de tradition française, du micro-trottoir ou de Lady Gaga sans verser dans la «mode de la philosophie» qui fait des bulles en pensant le trivial ? La dignité des objets que la philosophie se donne est un faux problème.
À l'inverse de ceux qui, à force de demander à la philosophie d'être accessible alors qu'elle l'est déjà, en interdisent l'accès autrement que par la porte de service, l'enjeu, ici, n'est pas de descendre jusqu'au monde en simulant l'intérêt qu'on lui trouve, mais de partir de lui comme d'une matière première.
 
Raphaël Enthoven, né le 9 novembre 1975 à Paris[1], est un philosophe, animateur de radio et de télévision.
 
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Italo Svevo ou l’ Antivie
De Maurizio Serra - Editions Grasset
400 pages – 22 euros – ISBN 978-2-216-78736-5
 
L'autre jour, elle me demanda à brûle-pourpoint, et son visage encadré de cheveux gris se colorait d'une rougeur juvénile:
- Pourquoi m'avez-vous quittée?
Pris de court, je n'eus pas le temps de fabriquer un mensonge. Aussi fus-je sincère:
- Je ne sais plus... j'ignore tant de choses de ma propre vie.
- Moi, je regrette, dit-elle. (Et déjà je m'inclinais à cette promesse de compliment.) Il me semble que vous devenez très drôle en vieillissant.
Conduite de fuite, névrose d'échec, hypocondrie, irrésolution, culpabilité, mauvaise foi: baignés par l'humour et l'ironie, tous les ingrédients de l'oeuvre d'Italo Svevo (1861-1928) sont réunis dans cet extrait de La Conscience de Zeno (1923), son roman le plus connu, nourri par une nouvelle pratique, dont il se méfiait: la psychanalyse.  
Percer à jour un écrivain avançant masqué et fasciné par l'inaptitude à la vie est une gageure pour un biographe. Maurizio Serra n'est pas du genre à s'en laisser conter. Après s'être attaqué aux énergumènes Aragon, Drieu, Malraux (Les Frères séparés, la Table ronde) et au caméléon Malaparte (Grasset, prix Goncourt de la biographie), l'heure était venue de se pencher sur ce saturnien introverti, de "passer d'un cappuccino trop crémeux [l'auteur de Kaputt] à un expresso bien serré". 
Trapu, mesurant 1,70 mètre, les yeux couleur charbon, le nez droit et le front dégarni, Italo Svevo eut un seul "vice", la (dernière) cigarette, héroïne de La Conscience..., et au moins deux fantasmes avérés: le talon aiguille et la femme coupée en morceaux, dont il mangerait les bottines... Comme ses frères séparés, le Praguois Franz Kafka et le Lisboète Fernando Pessoa, il appartient au club des écrivains employés modèles. Chargé de la correspondance en français et en allemand de la filiale triestine de l'Union Bank de Vienne, il dirigera ensuite l'entreprise de peinture pour coques de navire de sa belle-famille. 
Né autrichien et juif, mort italien et agnostique
En Italie, il est l'aîné de la "bande des trois", avec D'Annunzio et Pirandello, mais il n'aura la reconnaissance du monde littéraire qu'aux mille derniers jours de sa vie -interrompue par un banal accident de voiture- grâce à Valery Larbaud et à son ancien professeur d'anglais, James Joyce, qu'en mécène discret il aida lors de ses années adriatiques. Mais l'auteur d'Une vie (1892) est avant tout un homme de Trieste, ce port franc des Habsbourg, rival de Venise, que les "irrédentistes" ont travestie en ville italienne, alors qu'elle fut le cadeau des alliés à Rome pour son engagement contre les empires centraux, en 1915. 
Né autrichien, et juif, sous le nom d'Ettore Schmitz, il mourra italien et agnostique (entre-temps converti au catholicisme pour cause de mariage) sous son nom de plume: littéralement, Italien Souabe (allemand), les deux versants de son identité, et sans doute le nœud de ses tourments. Muet sur la judéité et la politique, y compris aux premières années du fascisme, il avait pourtant, en bourgeois éclairé et entrepreneur ouvert au monde, une inclination pour la géopolitique et les bruits du monde. Pessimiste foncier, nourri à Schopenhauer et Darwin, il n'eut pas la nostalgie de la Cacanie, à la manière de Musil. Selon Claudio Magris, maître en "triestin té", Svevo usa et abusa de la technique de défense typiquement habsbourgeoise consistant à ajourner, différer sans cesse, "pour conjurer le drame et le dénouement de l'Histoire". Finalement, la vie de l'auteur de Senilità (1898) pourrait se résumer à cette formule en vogue dans la double monarchie agonisante: "Les empires s'effondrent et le Messie ne vient pas." 
 
Maurizio Serra est diplomate, ambassadeur d'Italie auprès de l'UNESCO. Après Les Frères séparés : Drieu La Rochelle, Aragon et Malraux (La Table Ronde), Marinetti et la révolution futuriste (L'Herne) et Malaparte : vies et légendes (Grasset, Goncourt de la Biographie 2011), Maurizio Serra nous propose une nouvelle et passionnante étape de son itinéraire parmi les grand iconoclastes de la littérature du XXème siècle
 
Chez le même éditeur,
 
La pendue de Londres
de Didier Decoin
336 pages -18,90 euros – ISBN 978-2-216-8390-9
 
Le dernier roman de Didier Decoin, publié aux éditions Grasset, raconte l'histoire de la dernière femme condamnée à mort et exécutée par pendaison au Royaume-Uni. Ruth Ellis a 28 ans, elle est belle, hôtesse de night-club, mère de deux jeunes enfants et meurtrière de son amant, alcoolique et violent. Nous sommes en 1955, à l'époque Didier Decoin a 10 ans, il lit en cachette la page des faits divers dans le France-Soir de son père et l'histoire de la pendue de Londres va le marquer à jamais.
"On était à 8 jours de son exécution et le journal avait fait tout un truc là-dessus, il y avait même le schéma de la cellule dans laquelle elle était détenue, contiguë à la pièce où elle allait être exécutée. C'était la première fois que j'étais confronté à cette chose qui m'avait terrifié : des êtres humains allaient exécuter un autre être humain. En plus c'était une femme", raconte l'écrivain avant de conclure : "Je n'ai jamais oublié cette histoire."
 
Didier Decoin, né le 13 mars 1945 à Boulogne-Billancourt (Seine), est un scénariste et écrivain français récompensé du prix Goncourt en 1977 pour John l'Enfer.
 
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Quarante jours après ma mort
de Samira el Ayachi – Editions de L’Aube
240 pages – 16.80 euros – ISBN 978.2815.90787.3
 
Avec Samira El Ayachi, une grossesse peut s’étendre sur 6 ans. Ca en fait du temps à attendre, à se languir, à s’impatienter.
Souvenez vous, en 2007, cet auteur de talent avait donné le jour à « la vie rêvée de Mademoiselle S » - un régal couplé
Aujourd’hui, c’est le grand jour ! Samira El Ayachi vient d’accoucher de son nouveau roman « Quarante jours après ma mort ».
Il faut de la maturité pour être parents, avec ce nouveau bébé, Samira porte la jupe et la culotte. Elle a franchi un cap ; tant dans son discours, que dans sa rhétorique, tant dans le fond que dans la forme.
Amoureux des livres qui laissent des traces indélébiles, vous trouverez dans cette œuvre : de l’humour pour tromper les pleures, une intrigue pour aimer encore, de l’amour pour transcender l’inéluctable.
Vous serez témoin de la mort, vous adorerez ce roman ; parlez-en autour de vous et devenez témoin de la vie.
 
Samira El Ayachiest écrivain de langue française née dans le Nord de la France. A l'âge de 16 ans, elle reçoit le Prix Littéraire  Louis Germain pour sa Lettre à un professeur qui a marqué sa vie (ed. Flohic) et publie son premier roman "La vie rêvée de mademoiselle S. " en 2007 (ed. sarbacane). Auteure nomade, elle donne des lectures publiques par ici, écrit pour le spectacle vivant par là  ("Les chibanettes se cachent pour mûrir" 2012 avec l'étonnant Gilles Defacque - "La corbeille aux oranges parlantes - création juin 2012) et parcourt de ses petits pieds la France et le Maroc à la rencontre de ses lecteurs. Dans sa ville lilloise, elle relance la mode des Salons Littéraires Populaires et invite régulièrement des écrivains à croiser d'Incroyables Lecteurs.
 
Chez le même éditeur
 
Nous n’avons jamais lu le Coran
De Youssef Seddik
334 pages – 12.50 euros – ISBN 978.2.815.90756.9
 
 
Outre ses thèses totalement inédites, cet ouvrage veut rompre avec une tradition 'récitante' du Coran. Une connaissance et une admiration du texte coranique amènent Youssef Seddik à nous convaincre que le temps est venu pour nous de penser le Coran comme on pense toute oeuvre divine, digne d'interpeller l'universalité et pas seulement les fidèles d'un culte.
 
Youssef Seddik est philosophe et anthropologue. Il a fait ses études à la Sorbonne de 1965 à 1971, puis s'est réinstallé en France en 1982 après avoir enseigné en Tunisie, son pays, et pratiqué le métier de journaliste et de reporter de guerre en Afrique et dans le monde  arabe.
 
Et,
 
L’impasse Afghane
De Gérard Chaliand
160 pages – 12 euros – ISBN 978-2-815-90216-8
 
Comme les Soviétiques naguère, les Américains et leurs alliés occidentaux sont dans l’impasse. Hier, comme aujourd’hui, le sanctuaire pakistanais constitue l’épicentre de la crise. Comment une opération militaire menée avec succès au lendemain du 11 septembre 2001 s’est-elle transformée en enlisement ? L’Afghanistan a été la victime collatérale de la guerre d’Irak avant de redevenir aujourd’hui le théâtre principal d’un conflit sans victoire possible sur le plan militaire.
Les occidentaux peuvent-ils aujourd’hui, gagner des guerres irrégulières fondées sur l’usure dans lesquelles les insurgés apparaissent comme les plus motivés tandis que nos opinions publiques sont de plus en plus sensibles aux pertes humaines ? L’amour de la vie qui domine en Occident rend ainsi impossible des victoires sur des peuples prêts à la mort. Alors comment sortir de cette guerre impossible, tel est le propos de ce petit essai rapide et dense d’un des meilleurs spécialistes des guérillas et de géostratégie.
 
en 1934 à Bruxelles, à la fois écrivain, poète et historien, Gérard Chaliand est spécialiste des conflits armés et des relations internationales. Il a notamment enseigné à l’ENA, à l’Ecole de guerre, à Harvard ou Berkeley, et a écrit plus de soixante livres. La Pointe du couteau est le premier tome de ses   mémoires.
 
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Les résistants belges au combat. 39-45. Carnets de guerre
collectif - Editions Jourdan
336 pages - 18,90 euros - ISBN 978-2-87466-205-8
 
Breendonk, Gross-Rosen, Dora, Dachau, Buchenwald : des noms de bien sinistre mémoire.
Ces endroits et bien d’autres ont la triste réputation d’avoir abrité, durant la Seconde Guerre mondiale, des camps pour prisonniers politiques et pour résistants venus d’Europe.
 
La volonté de l'éditeur, à travers ce recueil, est de dévoiler une facette parfois négligée de l’histoire des résistants belges : celle de la poursuite de leur lutte pendant leur détention dans les conditions les plus abominables.
 
Cet ouvrage est composé de récits d’anciens prisonniers wallons, flamands ou bruxellois ayant échappé à l’élimination, parfois par miracle, mais souvent grâce à leur farouche volonté de poursuivre le combat contre les nazis.
 
Ces émouvants témoignages de ce que fut, après leur capture, la suite de la lutte de ces hommes courageux, face à l’envahisseur, sont authentiques, bruts. Ils nous révèlent toute l’horreur de cet enfer, mais aussi le courage et l’abnégation de ces Belges qui, bien souvent, dès le début des hostilités, avaient décidé de se lever pour dire « non » à Hitler.
 
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